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Ostéopathie

osteopathie

Les troubles fonctionnels

L’ostéopathie peine à être définie précisément car son champ d’application se veut holistique et empiète de fait sur les disciplines médicales et paramédicales.
Ses concepts originels passablement controversés, sont actualisés par les praticiens qui s’en revendiquent. Ces derniers étant issus de cursus différents, ils l’exercent de manière différente. Son renouveau tient au fait que ce n’est plus un monopole médical depuis le début des années 2000 et de l’engouement pour les médecines douces.
Indiquée pour soulager les troubles fonctionnels, certaines de ses théories en particulier crâniennes ou crânio-sacrées, sont sujettes à caution ce qui ne remet nullement en question la nécessité de traiter la tête.

Pour le kinésithérapeute manuel, l’ostéopathie a toujours été intéressante pour les manipulations vertébrales (ostéopathie structurelle), décrétées exclusivité médicale en 1962, puis réautorisées il y a peu car la notion de force n’est pas contenue dans la définition internationale de (IFOMPT). Dans ce temps la kinésithérapie s’est surtout consacrée à l’élaboration des meilleures techniques manuelles concernant les tissus mous (levées de tensions) tout en s’appropriant des techniques articulaires appelées mobilisations spécifiques, techniques Sohier ou Mennel. Les champs de l’ostéopathie viscérale et crânienne sont plus restreints car leurs effets thérapeutiques sont moins objectivables.

Pour le médecin, elle a l’intérêt de pallier à un enseignement de moins en moins clinique et n’a pas eu l’essor escompté du fait de la faible attractivité des techniques manuelles considérées comme peu nobles car concernant le tissu de soutien plutôt que l’organe lui-même. 

Depuis 2002 l’ostéopathie pratiquée par les non-médecins n’est plus illégale en France; un titre (mais pas un diplôme d’Etat) est délivré aux professions de santé paramédicales (kinésithérapeutes, infirmiers, podologues…) mais aussi aux non-professionnels de santé: d’une exclusivité médicale on a basculé dans la dérégulation totale. Rapidement la démographie exponentielle d’ostéopathes non-professionnels de santé a saturé l’offre de soins. Au final l’ostéopathie, bénéficiant pourtant de campagnes publicitaires, a quelque peu perdu en crédibilité.

La thérapie manuelle en kinésithérapie est régulièrement accusée d’être de l’ostéopathie déguisée et donc ne pouvant donner lieu à un remboursement de l’assurance maladie, ce qui arrangerait certains lobbys mais certainement pas le patient.
En réalité, les politiques de dérégulation ont pour corollaire la création de systèmes concurrentiels: l’objectif vertueux de l’efficience du système de soin s’accompagne d’effets pervers dans la pratique quotidienne des professionnels de santé concernés. En effet bien qu’une remise en question soit saine, il est ardu d’expliquer au patient que certaines techniques ne seraient pas prises en charge par la Sécurité Sociale et qu’il doit donc quitter ce système. Bien sûr deux intermédiaires experts dans l’art de désigner ce qui relève du thérapeutique ou non -les compagnies d’assurances et la CNAM- souhaiteraient nous délester de ce dilemme cornélien en empêchant de pratiquer les deux professions. Or rien n’empêche le kinésithérapeute de réaliser un acte thérapeutique dans le respect de son décret de compétences et dont la valeur reste fixée avec tact et mesure dans le respect de la convention.

Concrètement, il devient parfois difficile de dire si des techniques sont de la kinésithérapie ou de l’ostéopathie car sous des dénominations généralement à consonances étrangères se cachent de pâles copies. Il est d’ailleurs amusant de constater que de techniques à l’origine surtout structurelles, l’ostéopathie a glissé vers des techniques dites fonctionnelles, myofasciales pour aller vers le “massage ostéopathique” (sic).
Le médecin-ostéopathe demeure au dessus de ces considérations car il possède un acte spécifique d’ostéopathie remboursé par la sécurité sociale. Le médecin allopathe et l’industrie pharmaceutique profitent d’une certaine façon de ces batailles corporatistes subalternes.

Dans les pays anglo-saxons, l’ostéopathie et la chiropraxie sont des disciplines médicales assez développées, mais au détriment du massage thérapeutique ceci pour des raisons culturelles.

Plus généralement, les politiques de santé ont compensé la complexification du parcours de soin en se recentrant sur le médecin référent. Cependant le système de santé offrira un parcours de soins véritablement lisible et exempt de considérations autres que médicales s’il s’oppose à la dissolution et la fragmentation excessive des compétences, en particulier paramédicales.